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Life

Life is short and there is not much you can do about it but you can make it as wide as you want.

jeudi 24 septembre 2009


INDIANTOWN, FLORIDE – LE 18 MAI 2008.


Durant la semaine que nous avons passée à Stuart, nous avons préparé le bateau pour la sortie de l’eau et l’entreposage. Nous étions allés à Indiantown au début de la semaine et nous avions réalisé que ce n’était pas le meilleur endroit pour travailler. La marina est dispendieuse à 1,25 $ le pied, il fait chaud et il y a de la poussière et des bébites. De plus, l’accès à la ville nécessite une marche d’une couple de miles, ce qui est bon pour la santé mais pas pratique. Surtout pas question de nous baigner avec les alligators.
Ne pouvant quand même pas arriver à la dernière minute, nous avons décidé de nous rendre à la marina le 23 et de louer un quai pour deux jours afin d’effectuer les derniers travaux de préparation. La remontée du canal Okeechobee sur une distance de 18 milles fût très plaisante. Nous avons quitté Stuart à 8 :30 am. dans des conditions de météo idéales. Le seul aspect difficile du voyage a été de garder notre concentration sur le balisage tout en admirant les belles propriétés le long du trajet. La profondeur varie entre 7 et 10 pieds au centre du canal et une petite erreur d’inattention, surtout dans les courbes, aurait pu avoir des conséquences très embarrassantes pour le capitaine.
Le bateau est sorti de l’eau le 25 en après-midi plutôt que tôt le matin comme prévu. Rien de nouveau, car les sorties de l’eau ça ne se passe jamais à l’heure prévue. Sauf que notre avion décollait à 6 am. le lendemain matin de Palm Beach. La liste des choses à faire sur terre était longue et nous n’avions pas de temps à perdre. Les maringouins sont apparus en soirée, affamés et bien décidés à nous rendre absolument misérables. Je me suis même surpris à penser que l’hiver avait certains avantages. Nous nous sommes couchés à 11 p.m. pour une courte nuit car nous avions pris des arrangements avec une compagnie de taxi pour venir nous chercher à 4 am. J’ai dormi deux heures au maximum, le reste du temps j’ai fait le tour du bateau mentalement environ 500 fois afin de ne rien oublier.
En conclusion, ce fut une erreur de prendre l’avion dès le lendemain. Nous n’étions pas pressés et nous aurions facilement pu partir le dimanche après-midi. Nous ne ferons pas la même erreur l’année prochaine. Le voyage en avion jusqu'à Burlington au Vermont s’est déroulé sans histoire. Nous aurions normalement dû être très détendus mais ce n’était pas le cas. La Banque Royale nous avait confirmé la veille que notre compte de banque avait essuyé une fraude de 7,000 $. Quoique très gentils et professionnels, les intervenants du département des fraudes ne pouvaient nous assurer que nous étions
protégés tant que l’enquête ne serait pas terminée, ce qui prendra de 4 à 10 jours.
Capsule technique
Le désalinateur présente un vrai problème lorsque la période d’entreposage est de 6 mois. Le traitement de conservation (pickling) n’est bon que pour 4 mois, après quoi il doit recevoir un autre traitement. La marina de Indiantown n’a personne de compétent dans le domaine. C’est pourtant un travail qui ne prend qu’une demi-heure pour quelqu’un qui s’y connaît. Ils m’ont promis de rechercher une solution avant la fin du mois d’août…


INDIANTOWN, FLORIDA – APRIL 23TH TO 26TH


We prepared the boat for haul out and storage during the week we spent in Stuart. We had paid a visit to Indiantown earlier in the week and quickly realized that it wasn’t a good place to work. First, the marina is expensive at $1.25 per foot, it’s hot, dusty with lots of flies and mosquitoes. Also, downtown is a couple of miles walk which is healthy but not convenient. Swimming with the alligators wasn’t a good idea either.
Since we couldn’t arrive at the marina at the last minute either, we decided that a good compromise would be to get there on the 23rd and rent a slip for two days to complete the final preparations. The 18 miles trip up the Okeechobee waterway was very pleasant. We left Stuart at 8:30 in the morning with ideal weather conditions. The sole coefficient of difficulty was to concentrate on navigation while admiring the beautiful properties along the way. Depth varies from 7 to 10 feet as long as one stays in the middle of the channel and a small mistake from the captain could have been very embarrassing.
The boat came out of the water on the 25 th in the afternoon rather than in the morning as scheduled. Nothing new since boat haul outs never happen at the scheduled time. Our flight was at 6:00 am on the following day and that did not leave us a whole lot of time to complete the preparations. Starving mosquitoes appeared in the evening and made our lives miserable. I remember thinking that, perhaps, Canadian winter had its advantages. We went to bed at 11 pm for a short sleep since we had taken arrangements with a taxi to pick us up at 4 am. I only slept a couple of hours, spending the rest of the time going mentally around the boat about 500 hundred times to make sure I did not forget anything.
We realized that we made a mistake by leaving on the following day. We were in no hurry and could have well left on Sunday afternoon. We will not repeat that mistake again next time. Our flight to Burlington, Vermont went smoothly. We should have been relaxed and enjoyed our return but it wasn’t the case because the Royal Bank, the financial institution we deal with, had confirmed to us to the preceding evening that $7,000 had disappeared from our bank account. Although the fraud department personnel were very professional and courteous, but they could not confirm that we were protected until the investigation would be completed, which takes from 4 to 10 days.
Technical point
The water maker presents a real problem when we store the boat for a 6-month period. The preservation process (pickling) is good for a period not to exceed 4 months, then the system must me flushed and pickled again. Indiantown marina does not provide that service and there is noon around that does it even though it would take less than an hour to someone with the knowledge. They promised me to find a solution before the end of
August…

NASSAU à STUART, FLORIDE, du 5 au 15 avril, 2008.
(ENGLISH FOLLOWS FRENCH)


Nous avons quitté Nassau à 7 hres a.m., samedi le 5 avril, pour nous rendre à Chubb Cay. Le vent était tel que prévu, mais les vagues n’avaient pas diminué autant que mentionné sur les rapports météo. Nous avions une vague arrière de 6 pieds aux 4-5 secondes. Ce genre de vagues, quoique très inconfortables, ne ralentissent pas le mouvement du bateau et nous avons couvert la distance de 38.8 milles nautiques à voile/moteur en 6hres 20 minutes, maintenant une vitesse moyenne de 6.4 noeuds.
Arrivés à Chubb Cay, il y avait un fort roulis dans la baie et nous avons immédiatement contacté la marina pour louer un quai. À 100 $ par jour la marina est dispendieuse, mais nous avions expérimenté le roulis à cet endroit l’année dernière et nous n’avions aucunement envie de recommencer. Le bateau ROXY, un Morgan 41 appartenant à Randy et Hazel Melnick de Winnipeg et avec qui nous nous étions entendus pour voyager ensemble jusqu’en Floride, n’a pas hésité à faire de même.
Nous devions repartir dès le lendemain matin mais nous avons préféré attendre une journée de plus pour être certains que les vagues diminueraient suffisamment pour être confortables. Nous avions 80 miles à couvrir de Chubb Cay à Cat Cay, soit le double de la distance de la veille et nous n’avions pas l’intention de nous faire brasser de la même façon pendant 13 hres.
La grande voile de ROXY s’était déchirée à deux endroits sur une longueur de quelques pieds lors de la traversée et comme il n’y avait personne pour la réparer sur place, nous avons installé notre machine à coudre SailRite sur le quai et Marielle a réussi à effectuer la réparation à l’aide de collants conçus spécialement à cet effet. Quelques passagers ou membres d’équipage de méga bateaux moteurs amarrés tout près, sont venus observer notre travail avec intérêt et semblaient impressionnés par notre autonomie. C’est le fun de se faire admirer par ceux qu’on admire…
Nous étions 5 bateaux qui avaient décidé de partir lundi matin, le 7. Nous nous retrouvons tous sur le quai à 6 hres du matin pour discuter, car il y a un petit problème. En effet, il y a un front froid qui approche avec des orages sur une largeur d’environ 10 a 15 milles. Une fois traversé il y aurait de très belles conditions de navigation pour le reste de la journée, mais il était important de bien évaluer le niveau de risque avant de nous lancer.
Nous sommes tous partis et quelques heures plus tard nous sommes entrés dans ce système frontal. La visibilité est devenue nulle, le vent est passé de 15 à 35 nœuds en moins de rien et un déluge s’est abattu sur nous. Un des bateaux a décide de faire demi tour. Je ne pensais pas que c’était la meilleure chose a faire car j’estimais que nous étions à mi-chemin de cette bande frontale et que nous en sortirions plus rapidement en se déplaçant dans le même sens.
Le premier des 5 bateaux a avoir quitté la marina était un bateau moteur (trawler) plus rapide que nous et une dizaine de minutes plus tard il nous informait qu’il était sorti du mauvais temps et que les conditions de navigation étaient très bonnes où il était. Bon timing, car nous avions justement besoin de voir la lumière au bout du tunnel. Les conditions se sont améliorées tranquillement et une heure plus tard nous faisions de la belle voile au vent de travers en plein soleil.
Le reste de la journée s’est passée sans histoire et nous avons jeté l’ancre à Cat Cay à 20 hres. Il n’y a eu aucun vent durant la nuit et nous avons dormi d’un profond sommeil. Le lendemain matin nous sommes traversés à Bimini et nous avons pris un quai à la MARINA BLUE WATER. À 30 $ par jour, c’était toute une aubaine que nous ne pouvions pas manquer. Cette marina est accueillante, entièrement rénovée avec une belle piscine. Il y avait aussi, sur place, plusieurs bateaux que nous connaissions, pour les avoir rencontrés par le passé, ce qui a rendu notre séjour encore plus agréable.
Les locaux sont aussi très aimables, quoique leur langage et leurs coutumes peuvent parfois porter à confusion. Exemple, je me présente dans un magasin et la dame, qui a presque mon age et qui a l’air d’une personne très bien dit : Hi Baby! (Allo Bébé!) Je me dis qu’il est impossible qu’elle s’adresse à moi et je me retourne pour voir s’il y a quelqu’un derrière. Personne, c’est bien moi le bébé… j’ai perdu l’habitude car ça fait tellement longtemps que quelqu’un m’a appelle bébé. Comme je ne trouve pas ce que je cherche, je change de magasin et l’autre dame me salut en me disant : Hi Honey!
Mercredi le 9, nous sommes allés visiter la station BIMINI BIOLOGICAL FIELD STATION qui fait des recherches sur les requins. Ce fut une visite très intéressante qui a de beaucoup dépassé nos attentes. Nous connaissons si peu ce poisson et le peu que nous connaissons est grandement faussé par de l’information erronée. Nous avons pu observer notre guide manipuler (avec précaution) de jeunes requins en captivité et nous avons pu les toucher pour bien sentir la texture de leur peau.
Je vous invite à visiter le site Internet du centre à l’adresse suivante :
www.miami.edu/sharklab
Nous avons quitté Bimini vendredi le 11 et nous avons traversé le fameux GULFSTREAM. Grâce au fort courant du stream, nous avons maintenu une vitesse moyenne de 7.4 noeuds pour la distance totale de la traversée de 80 milles à Palm Beach en Floride. Nous avons même atteint la vitesse de 9.0 nœuds a mi-chemin, laquelle nous avons maintenue pendant une heure ou deux.
Arrivés à destination, nous nous sommes dirigés vers l’ancrage de Lake Worth et nous y avons jeté l’ancre. Le lendemain matin nous sommes allés a l’aéroport pour remplir le formalités de douanes et émigration et au retour nous nous sommes re-localisés à North Palm Beach, une baie un peu mieux protégée contre les vents forts qui commençaient à arriver et qui devaient durer jusqu’au lundi. Il y avait aussi un meilleur accès à l’épicerie et une foule d’autres magasins.
Lundi, nous avons suivi l’intracoastale jusqu'à l’embouchure de la rivière Ste-Lucie que nous avons remontée jusqu'à Stuart. Nous avons pris un mooring à South Point pour la modique somme de 10 $ par soir. Nous comptons demeurer ici pour au moins une semaine et commencer à préparer le bateau pour l’entreposage. Nous entreposerons à la marina de Indiantown située à une vingtaine de miles à l’ouest le long du canal Ste-Lucie. La sortie de l’eau est prévue pour le 25 avril.
Pendant ce temps, notre beau-frère se chargera d’aller chercher notre motorisé qui est entreposé à l’intérieur à Drummondville, Québec et l’emmènera chez lui afin qu’il nous soit facilement accessible lorsque nous arriverons. Ce sera tout un changement de style de vie.


NASSAU to STUART, FLORIDA, April 5 th to 15 th , 2008


We left Nassau at 7 a.m. on Saturday April 5 th heading for Chubb Cay. The wind was as predicted but the waves had not subsided as much as forecast by the weather reports. We had a 6-foot following sea with a 4-5 second interval. Those following waves, although very uncomfortable, did not slow us down and we motor sailed the 38.8 nm distance in 6 hrs and 20 minutes, maintaining a 6.4 kts average moving speed.
We noticed the rolling in the bay when we arrived at Chubb Cay and immediately contacted the marina to rent a slip. The marina is expensive at $100 per day but we had experienced the rolling motion into that bay before and didn’t want to do it again. ROXY, a Morgan 41 belonging to Randy and Hazel Melnick from Winnipeg and with whom we traveled to Florida, was following us and did not hesitate to do the same.
We had originally planned to stay one night only but we decided to stay an additional day to make sure the waves would subside to a more comfortable level. With 80 nm to cover between Chubb Cay and Cat Cay, we had no intention to relive the same rock and roll ride for 13 hours.
ROXY had torn their main sail a couple of feet at two different locations the day before and since they could find anyone to make the repairs on the island, we installed our Sailrite sewing machine on the dock and Marielle made the repair with sail tape that she stitched over. Some passengers or crew from the Mega Yachts docked close-by came to observe the process with great interest and looked very impressed with our self-sufficiency. It is a thrill to be admired by people we admire ourselves…
Five boats had decided to leave on Monday the 7 th . We all met at 6 a.m. on the dock to discuss a little weather problem we did not expect the day before. A cold front had moved much faster than expected. It was 10 to 15 miles wide with lightening and squalls. Once past through it would be smooth sailing for the rest of the day, but we had to assess the safety level before we dove in it.
After consultation, everybody decided to go and few hours later we reached the front. Visibility became nil, the wind increased from 15 to 35 knots in less than nothing and a flood felt on us. One of the boats decided to turn around. I didn’t think it was the best thing to do since we were already half way through it and I figured we would get out of it faster if we continued than if we turned around and ran with it.
The leading boat, a trawler was faster and much ahead of us called about 10 minutes later to inform us that he was now clear of the squalls with blue sky and good navigating conditions. Good timing, as we were longing for the light at the end of the tunnel. The conditions continued to improve and an hour later we were sailing with the wind on the beam under sunny skies.
The rest of the day went smoothly and we dropped the anchor near Cat Cay at 20:00 hrs. The nigh was dead calm and we fell sound asleep. We moved to Bimini the following morning and took a slip at the Blue Water Marina. The $30 per day fee was a deal we couldn’t refuse. It is a very welcoming marina that was totally renovated with new docks and a pool. Many boats we had previously met we there and their company made our stay even more pleasant.
The locals are very friendly, although the language and culture difference can sometime bring some confusion. For example, I walked into a store and the lady who looks about my age says: Hi Baby! Convinced she wasn’t talking to me, I looked back to see who was there. Nobody, she was really talking to me… it’s been so long someone called me baby that my brain can’t process it. Since I couldn’t find what I was looking for at that store I moved to another one and this time the lady said: Hi Honey!
On Wednesday the 9 th we went to visit the BIMINI BIOLOGICAL FIELD STATION, a research center that studies sharks. It was a very interesting visit that exceeded our expectations. We know very little about these fish and it is all distorted by false information. We watched our guide carefully handling young captive sharks and we were even invited to touch their skin to feel the texture.
I invite you to visit their website at the following address:
www.miami.edu/sharklab
We left Bimini on Friday the 11 th and we crossed the famous GULFSTREAM. Thanks to the strong current we maintained a 7.4 average speed over the 80nm distance to Palm Beach, Florida. Half way, we reached a speed of 9 kts which we maintained for a couple of hours.
Once we reached our destination, we went to the Lake Worth anchorage where we anchored. The following morning we jumped in a taxi which drove us to the airport where we cleared with customs and immigration. Back to the boat, we decided to relocate to a more protected bay in North Palm Beach because we expected strong winds for the next couple of days. It was also closer to all the stores and services.
On Monday, we motored in the Intracoastal to the Stuart Inlet and followed the St Lucie River to the town of Stuart where we rented a mooring for $10 a night at South Point Marina. We are planning to stay here for at least a week and prepare the boat for storage. We will haul out and store the boat at the Indiantown Marina , some 20 miles away, along the St Lucie River and near Lake Okeechobee.
While we are doing this, our brother-in-law will get our Motorhome out from the heated warehouse in Drummondville, Quebec and bring it to his place where we will find it ready when we return. It will be quite a change of lifestyle.

STANIEL CAY à NASSAU, BAHAMAS, 26 au 31 mars, 2008
(English follows french.)


Comme il arrive fréquemment lorsqu’on voyage en bateau, nous avons changé nos plans.
Mercredi le 26, Marielle m’informe que nous avions besoin de nous approvisionner en épicerie. Comme les petites épiceries de Staniel Cay ont très peu à offrir, nous avons décidé de nous rendre à Norman Cay le 27, d’y passer la nuit et de continuer vers Nassau dès le lendemain.
La traversée de 40 miles nautiques de Staniel à Norman a été des plus plaisantes à la voile seulement et nous avons maintenu une vitesse moyenne de 6.5 nds, incluant les manœuvres de départ et d’arrivée. Nous avions passé quelques jours à Norman Cay l’an passé, donc nous en connaissions l’approche et nous savions où jeter l’ancre. Notre ancrage étais bien protégé, nous avons admiré un super beau coucher de soleil en prenant un bon verre de vin.
Nous avons levé l’ancre et nous sommes partis en direction de Nassau à 8 heures le lendemain matin. Nous avions le même distance à parcourir que la veille et les conditions de navigation étaient les mêmes. Une autre journée de voile glorieuse. L’approche du côté est du port de Nassau demande toutefois plus d’attention. La carte de notre traceur de carte, pour une raison que je ne comprends pas, n’est pas détaillée et nous avons du utiliser notre carte de papier car il y a beaucoup de hauts fonds et de têtes de corail.
Il faut aussi demander l’autorisation avant d’entrer dans le port et la communication était difficile parce que nous étions hors de portée VHF. C’est un peu ridicule d’attendre d’être dans le port pour pouvoir demander l’autorisation d’y entrer. Ma radio, une ICOM 502, a fait ses preuves et n’est sûrement pas à blâmer. Arrivés à la hauteur de la marina Yacht Haven, nous avons communiqué ave ceux pour obtenir une place à quai pour quelques jours mais, à notre grande déception, on nous a répondu qu’il n’y avait rien de disponible. Nous avons donc continué vers l’ancrage situé du côté ouest du pont.
En arrivant, nous constatons qu’il y a beaucoup de place de disponible et nous trouvons facilement un endroit qui nous convient. Pas trop loin, pas trop proche et pas trop creux.... Je note, toutefois que 3 des 4 bateaux près de nous ont jeté une deuxième ancre, style Bahamien. Je ne pensais pas que c’était nécessaire mais je n’avais pas réellement le choix. Je suis donc allé porter une deuxième ancre à l’arrière du bateau. Les trois bateaux ont quitté le lendemain matin et nous étions maintenant les seuls avec deux ancres. Un insécure, vont penser les nouveaux arrivants.
En fin d’après-midi, nous décidons d’aller prendre une marche et de nous rendre à la marina, pour voir. Le dock master nous dit qu’il peut nous donner un quai à partir de lundi et nous invite à retourner le dimanche matin car il aura probablement de la place. Il y a plusieurs places libres et nous ne comprenons pas. Nous retournons le dimanche matin, il y a encore beaucoup de places de libres et il nous en donne une immédiatement. Un jour, nous comprendrons peut-être leur système.
Nous avions remarqué le bateau PUFFER qui arbore un drapeau canadien près de nous et nous savions qu’ils étaient du Québec car nous les avions déjà entendu au Réseau du Capitaine. Nous sommes donc arrêtés les saluer en passant et nous avons invité Pascale et Jean-Marc à un 5 à 7. J’ai vite découvert que Jean-Marc a, comme moi, une ceinture noire en placotage et que nous nous entendions très bien. Le 5 à 7 s’est étiré longuement et a été des plus plaisants.
Nous avons pris notre quai à la marina dimanche matin et nous y sommes restés pendant 4 jours. 350 $ plus tard (marina seulement), nous sommes retournés à l’ancrage avec le frigidaire et les réservoirs pleins, les batteries chargées et le bateau propre comme un sou neuf. Jean-Marc est aussi venu m’aider à remplacer le bouchon du réservoir sceptique qui était soudé parce que je ne l’avais pas dévissé depuis deux ans et que je n’ai pas pensé à le lubrifier. Je devrais m’en souvenir l’an prochain car ça m’a coûté 91 $ pour le remplacer. En passant, quand Jean-Marc vient nous aider, il fait tout le travail lui-même et vous n’avez qu’à lui transporter les outils. Alors, si vous voyez Puffer près de vous, dépêchez vous de l’inviter à bord.
Nous attendons maintenant une fenêtre météo qui nous permettra de nous rendre en Floride en 4 jours avec un arrêt à Chubb Cay et un deuxième à Bimini… si nous ne changeons pas de plan.


ENGLISH.
STANIEL CAY, EXUMAS to NASSAU, BAHAMAS, March 26th to 31th, 2008


As it often happens when we travel by boat, we changed our plans. On Wednesday, the 26 th , Marielle informed me that our food provisions were low and we had to do something about it. Staniel Cay food stores having little to offer, we decided to go to Norman Cay on the 27 th , spend just one night and continue on to Nassau on the following day.
The 40 mile crossing to Norman Cay was most pleasant because we sailed all the way and maintained a speed average of 6.5 kts, including departure and approach manoeuvers. We had spent a couple of days at Norman last year, so we were familiar with the area and we knew where to drop the anchor. The anchorage was well protected and we admired a nice sunset while sipping a good wine.
We weighed anchor at 8 o’clock the following morning and headed for Nassau. We had the same distance to cover as the previous day and the sailing conditions were the same. Another glorious sailing day. The Nassau harbor approach was more demanding, though. Our chart plotter, for a reason that I don’t understand, doesn’t provide details for the harbor and because of the many shoals and coral heads, we had to refer to our paper charts.
Nassau harbor security requires that we clear in before proceeding inside the area. Difficult to comply with if one cannot talk to them because he is out of VHF reach. It is a little bit stupid to have to wait until you are in the harbor to seek permission to enter. Our ICOM 502 VHF has proven itself many times and cannot be blamed. Once we got in front of the Nassau Yacht Haven marina, we contacted them to rent a slip for a couple of nights. To our great disappointment we were told that they had no available slip and we had to continue on to the anchorage on the west side of the bridge.
As we approached the anchorage, we noticed that there were lots of space available and we could easily find the right spot. Not too far, not too close and not too deep... I , however, noticed that 3 of the 4 boats around us had set 2 anchors, Bahamian style. I didn’t think that it was necessary but I had no choice and dropped a second one behind the boat. The 3 of them left the following morning and we ended up being the only boat with 2 anchors. An insecure sailor, will think the newcomers.
We decided to have a late afternoon walk and go to the marina to investigate the situation with them. The dock master told us we could have a slip starting Monday and suggested we return on Sunday saying he could probably accommodate us then. We did not understand because there were many empty spaces. We returned on Sunday and were immediately assigned one of the many available slips. Someday, perhaps, we will understand their system.
I knew that PUFFER, a Canadian boat near us, was from Quebec because I heard him on the Reseau du Capitaine. We dropped by and invited Pascale and Jean-Marc for the happy hour on our boat. I quickly realized that Jean-Marc, like me, had a black belt in social talking and we went along very well. The happy hour was most pleasant and lasted a very long time.
We moved to the marina on Sunday and stayed for 4 days. $350 (marina only) later we returned to the anchorage with a well-stocked fridge, the tanks topped off, the batteries fully charged and a shiny boat. Jean-Marc also helped me replace the holding tank cap which was sealed because I didn’t unscrew for two years and never thought about lubricating it. The $91 expense for a new one should help me remember to do it next year. By the way, when Jean-Marc gives you a hand he actually does the work and all you have to do is to provide the tools. So, if you ever see the boat PUFFER near you, quickly invite him onboard.
We are now waiting for a weather window that will allow us to get to Florida in 4 days with one stop at Chubb Cay and another one at Bimini… That’s if we don’t change our plans.

EMERALD BAY à STANIEL CAY, EXUMAS, 13 au 26 mars, 2008
(English follows french)


Nous sommes arrivés à la marina de Emerald Bay jeudi le 13 mars et nous y sommes demeurés une semaine. Au départ, notre intention était d’y demeurer quelques jours seulement mais une tempête dans l’Atlantique nord a créé des vagues monstrueuses de 13 à 14 pieds et nous avons décidé d’attendre qu’elles baissent avant de repartir. De plus, c’est une marina de grand luxe et, pour nous, c’était un peu comme une semaine de vacances. Le quai coûte 50 $ par jour mais ce n’est pas si pire considérant que l’Internet est gratuit ainsi que la buanderie. L’accès à l’Internet coûte normalement entre 6 $ et 10 $ par jour et le lavage une dizaine de dollars.


J’en ai profité pour installer une troisième pompe de cale que j’avais avec mes pièces de rechange. Elle sera sûrement plus utile que dans une boîte si jamais le bateau prend l’eau. J’ai aussi fait le tour du bateau et vérifié tous les passe coques. Je fais cette routine au 3 ou 4 mois mais j’étais particulièrement motivé car un bateau a presque coulé à George Town la semaine précédente quand un collet de boyau de passe coque a soudainement cédé. Le propriétaire, a son retour au bateau, a eu la surprise de marcher dans l’eau jusqu’aux chevilles. Il a lancé un appel général à l’aide et plusieurs autres propriétaires sont accourus avec leurs pompes pour l’aider à évacuer l’eau pendant qu’il en cherchait fébrilement l’entrée. Un pied de plus et il n’aurait plus été capable de rien voir.


Marielle en a profité pour décaper et refaire le plancher du cockpit. Un inconditionnel du vernis pendant plusieurs années, je me suis converti au Cetol. Ça prend beaucoup moins de temps à appliquer et 4 couches de base plus une couche de clear donne un résultat impressionnant. Avec la quantité de bois qu’il y a sur un Bayfield, ça fait toute une différence, surtout dans le sud ou c’est à refaire deux fois plus vite.


Nous avons quitté Emerald Bay, vendredi le 21, en direction de Farmer’s Cay. Nous avons couvert la distance d’une trentaine de milles entièrement au moteur car il n’y avait aucun vent. C’était aussi une bonne occasion de tester le moteur car il a tourné pendant 4 heures sans arrêt. Avant d’effectuer les travaux de réparation, il étouffait après environ deux heures. Faut dire que je suis devenu un peu nerveux durant la deuxième partie du voyage et que j’étais bien content quand je suis arrivé à destination sans avoir eu d’ennuis. Comme je l’ai déjà mentionné, ça va prendre encore plusieurs heures avant que la confiance totale revienne.


Arrivés à Farmer’s Cay, nous nous sommes attachés à un tangon (mooring). A 10 $ par jour, c’est une aubaine et c’est beaucoup plus simple que de jeter deux ancres à cause du courant. Le départ est aussi beaucoup plus rapide le lendemain matin. Malheureusement, la vague a pénétré dans la baie en soirée et le bateau s’est mis à rouler de façon très inconfortable et il n’était pas question d’aller de l’autre côté de l’île dans la noirceur. Nous avons donc dû prendre notre mal en patience, mais nous nous en souviendrons l’an prochain.


Nous avons quitté immédiatement après le déjeuner le lendemain matin et nous nous sommes rendus à Staniel Cay, un de nos endroits préférés. La baie de Big Major est vaste et peut accommoder un grand nombre de bateau. Nous avons toutefois été surpris de voir qu’elle était presque vide. Mais où sont-ils donc tous passés? Il semblerait que l’exode vers le nord a déjà commencé et que plusieurs sont rendus ou sont en route pour les Abacos.


Hier, les vents se sont levés vers midi puis tournés vers l’ouest. Nous n’avons pas de protection ici quand ils viennent de cette direction et, à l’heure du souper, la situation est devenue très inconfortable. Marielle, qui attrape le mal de mer simplement en regardant une photo de grosses vagues, a été malade. Le vent a changé de direction vers 3 heures du matin et les grosses vagues sont disparues car nous étions maintenant protégés. Le rapport météo ne prévoit pas de changement avant jeudi, sauf que le vent tournera lentement du sud est. Tant mieux car nous demeurerons à l’abri des vagues.


Nous partirons jeudi vers de Warderick Wells où nous passerons quelques jours avant d’aller voir les iguanes à Highborne Cay.


ENGLISH.
EMERALD BAY to STANIEL CAY, EXUMAS, March 13th to 26th, 2008


We came in the Marina at Emerald Bay on Thursday, March the 13 th , and we stayed for a week. At first we had planned to stay for just a few days but a storm in the North Atlantic created monstrous 13 to 14 foot waves, so we decided to let them subside before we left. Also, it is a high end marina and after many weeks at anchor, it was a welcome break. At $50 per day, the cost for the slip appears to be high at first, but considering that we had free access to internet and free laundry, it wasn’t so bad. Internet costs $6 to $10 per day and laundry cost is about $10.


While we were there, I decided to install a bilge pump I had with my spare parts. I figured it would be more useful in the bilge should the boat have a water leak. We now have two electrical pumps and one manual. I also checked all the thru hulls. I usually check them every 3 to 4 month but I was particularly motivated after a boat almost sank a week earlier in George Town when a corroded hose clamp let go. The owner had returned to his boat and was surprised to have water up to his ankles. Many boaters hurried to help him after he sent a general emergency call on VHF, and pumped out water while he was nervously searching for the faulty thru hull. Just an additional foot of water and he wouldn’t have been able to find it.


Marielle decided to strip the cockpit floor and re varnish it. A varnish aficionado for many years, I am now converted to Cetol. It is much easier to apply and 4 base coats plus an additional clear coat gives impressive results. It makes a big difference considering the amount of teak wood on a Bayfield and also considering that it wears twice as fast down south.


We left Emerald Bay on Friday the 21 st and headed to Farmer’s Cay. There was no wind and we ended up motoring all the way. It provided a good opportunity to further test the motor which ran non stop for 4 hours. I have to admit that I was a little nervous during the second half of the trip because it would stall after about 2 hours before I worked on it and was glad to reach our destination without problems. As I mentioned before, it will take many more hours before my full confidence returns.


Once at Farmer’s Cay, we grabbed an available mooring. They are a deal at $10 a day and it is less work than dropping the necessary second anchor because of the strong current. It is also a lot less work comes the time to leave on the following day. A swell, however, developed during the night and the boat started to roll uncomfortably. The darkness prevented us to safely relocate to the other side of the island which provided a better protection and we had to endure our situation all night. We will remember next year.


We left immediately after breakfast on the following day and went to Staniel Cay, one of our preferred islands. Big Major is a vast bay that accommodates a great number of boats but we were surprised to find very few anchored. We figured that the exodus to the North had already started and many are either on they way or have already reached the Abacos.


The wind picked up around noon yesterday and turned to the west. There is no protection from that direction and by supper time, it became very uncomfortable. Marielle, who get sea sick just looking at a big wave picture, got sick. The wind turned again around three in the morning and we were then in the lee of the island. The weather forecast predicted that the wind would slowly turn to the South East by Thursday which meant that we would remain protected from the waves.

GEORGE TOWN, EXUMAS, 28 février au 12 mars, 2008
Réparation du moteur.
(English text follows french)


Ce qui suit n’est pas très bon pour mon image. J’avais l’intention de suivre un cours de mécanique diesel avant de partir mais j’ai finalement laissé tomber parce que le temps me manquait. Pour compenser, j’ai payé un mécanicien expérimenté pour vérifier qu’il n’y avait pas de saleté dans le réservoir, remplacer tous les conduits de carburant, localiser la pompe électrique (feed pump), nettoyer les injecteurs, etc. Ça m’avait coûté 1,200 $. Conséquemment, le système d’alimentation m’a toujours intimidé et je ne me suis jamais senti confortable d’y travailler.


Aujourd’hui je sais que j’aurais pu effectuer un diagnostique plus complet à Mayaguana et fort probablement corriger définitivement le problème avant de partir, m’évitant ainsi tous les déboires que j’ai vécus. J’espère que mon expérience profitera à ceux d’entre vous qui entreprendrons bientôt leur grande aventure en bateau.


J’ai trouvé un mécanicien à George Town qui m’a conseillé et suggéré les travaux à faire.
Vérifier s’il y a de la saleté dans le réservoir et le vidanger s’il y en a, nettoyer le fond et filtrer le carburant avant de le remettre.
Remplacer les filtres primaire et secondaire et observer s’ils sont très sales
M’assurer que la pompe électrique fonctionne.
Resserrer tous les raccords de boyau d’alimentation afin d’être sur qu’il n’y ait pas d’aspiration d’air.
Évacuer (bleeder) l’air du système.
Je me suis donné quelques jours pour me reposer avant d’entreprendre les travaux. J’avais du rattrapage à faire.



Marielle est revenue me trouver le 3 mars après un mois d’absence. Ma qualité de vie s’est améliorée instantanément. Mardi le 4, me sentant prêt à l’attaque, j’ai entrepris de vider le réservoir de diesel. Heureusement, j’avais un tube en plastique semi-rigide qui allait jusqu’au fond. Je l’ai relié à ma petite pompe manuelle de vidange d’huile, posé des collets aux deux extrémités de la pompe et au raccord du tube pour ne pas avoir de perte et emprunté quelques réservoirs vides à André pour être sûr d’en avoir suffisamment.



J’anticipais que ce serait très long avec ma petite pompe manuelle, mais j’ai été surpris de voir que je pouvais remplir un réservoir de 5 gallons assez rapidement. Le niveau du réservoir du bateau étant heureusement bas, j’ai retiré 17 gallons. Le premier 5 gallons a confirmé mes craintes. Il y avait beaucoup de saleté. Nous avons filtré le carburant plusieurs fois et nettoyé le réservoir en y retournant un 5 gallons plusieurs fois, le re-filtrant à chaque fois. J’ai mis ce dernier 5 gallons de côté, préférant ne pas le mélanger avec le reste. Ce n’est pas parfait, mais c’est le mieux que nous pouvions faire. Un nettoyage professionnel sera fait en Floride plus tard.
J’ai ensuite remplacé les filtres, resserré tous les collets des raccords de boyaux. J’ai mis la main sur la pompe électrique et senti une pulsation. J’ai collé l’oreille et je l’ai entendue fonctionner. J’ai donc conclu qu’elle faisait son travail. C’était une erreur…



Marielle a porté à mon attention qu’un autre Bayfield, La Détente, qui se trouve à George Town et dont nous connaissons les propriétaires, a eu le même problème l’année dernière. Tu devrais en parler à Serge (le proprio) car le moteur est le même et tu pourrais sûrement profiter de son expérience. Très bonne idée. Je m’empresse d’aller rencontrer Serge qui, après m’avoir poser les questions d’usage, pointe immédiatement la pompe électrique. Je lui réponds qu’elle vibre et que je l’entends. Il me suggère de déconnecter le boyau avant la pompe du moteur et de m’assurer que le carburant se rendait jusqu'à ce niveau. Sinon, va chez NAPA en ville, achète et pose une pompe neuve.



Serge avait raison. La pompe fonctionnait mais le débit n’était pas la. Je suis donc allé acheter une pompe neuve et aussitôt installée, j’ai pu voir la différence. J’avais un bon débit à la sortie du boyau. Les travaux terminés, j’ai décidé de voir si je pouvais démonter la vielle pompe pour examiner l’intérieur. J’ai noté qu’il y avait comme un couvercle en dessous et je l’ai enlevé. À ma très grande surprise (dû à mon ignorance) j’ai retiré un filtre dont je ne connaissais même pas l’existence et qui était absolument saturé par la saleté accumulée au cours des années.
Fait intéressant, elle était positionnée avant le filtre raccord jusqu'à mon départ du Canada ce qui veut dire que le carburant qui y passait n’était pas filtré et qu’elle a accumulé de la saleté pendant des années. Le mécanicien qui l’a repositionnée après le raccord n’a pas changé le filtre à l’intérieur et ne m’en a jamais parlé durant nos longues conversations. J’ai toujours la facture et le filtre n’y apparaît pas. Je pense qu’il ignorait, lui aussi, l’existence. Je me sens un peu moins con.



Avec l’expérience acquise, je réalise que j’aurais pu, lorsque j’étais à Mayaguana, vérifier le bon fonctionnement de la pompe et remplacer ou tout simplement enlever le filtre et reprendre ma route sans autres problèmes. J’ai aussi résolu de prendre un échantillon de carburant au fond de mon réservoir régulièrement à l’avenir.
Nous avons quitté George Town pour nous rendre à la marina de Emerald Bay. Le moteur a fonctionné pendant deux heures et demi sans pépins. Je suis convaincu que le problème est corrigé mais ça va prendre encore plusieurs heures de moteurs avant que la confiance totale revienne.



ENGLISH
GEORGE TOWN, EXUMAS, February 28th to March 12th, 2008
Engine repair.



What follows, is not very good for my image. I had planned to enroll into diesel engine maintenance classes before we left but changed my mind because we were running out of time. I however paid a competent mechanic to ensure there was no residue in the fuel tank, replaced all the fuel hoses with new ones, relocated the fuel electrical pump (feed pump), clean the injectors, etc. It cost me $1,200. As a result, I never built the necessary confidence to work on that system and I shied away from it.



I know now that I could have performed a better diagnostic when I stopped in Mayaguana and most probably fixed the problem before I left, thus saving me all the aggravation I experienced later on. I hope that those of you who are about to undertake their great boating adventure will benefit of my experience.



In George Town, I found an experienced mechanic who gave me the following directions:
Find out if there was any dirt in the fuel tank, remove it if necessary and filter the fuel before pouring it back.



Replace both the primary and secondary filters. Take note of the dirt they had accumulated. Make sure the electrical fuel pump worked.
Retighten all the hose connections to ensure they did not suck air into the system.
Bleed the system once finished.



I took a couple of days to rest before I started. I had some catching up to do.
Marielle, who had been away for a month, joined me back on March 3rd and my quality of life improved immediately. On Tuesday the 4 th , I felt ready to go to work and undertook to remove the fuel from the tank. Luckily, I had a piece of semi-flexible plastic hose of the right length onboard. I connected to the small manual pump I use to change the motor oil and put clamps at both ends and at the hose connection to prevent any leak. I also borrowed a couple of jerry cans from André to make sure I had enough.



I expected the process to be slow, given the size of the pump, but was surprised how quickly I filled the first 5 gallon can. The fuel tank level was conveniently low and I siphoned 17 gallons. The first jerry can I filled, confirmed my expectations. It was full of dirt. Once all the fuel was removed, we filtered the first can and reused it many times to flush the bottom of the tank. Once finished, we put that can aside, filtered the other ones many times to ensure the fuel was clean and poured them back. It wasn’t the perfect job but it is the best we could do at the time. The fuel tank will be professionally cleaned once we are in the States.



Next, I replaced the filters and retightened all the fuel hose connections. I put my hand on the electrical pump and felt the pulsation. I could also ear it. I then concluded it was working properly. It was a mistake…



Marielle later reminded me that La Détente, another Bayfield who happened to be in George Town, had the same problems last year. You should talk to Serge, the owner, she said. The two boats have the same engine and you could probably learn something from his experience. Good idea! I quickly went to see Serge who immediately suspected the electrical pump. But I can feel the vibration and I can ear it, I said. He suggested that I disconnect the hose at the engine level to ensure it pushed the fuel all the way to that level. If not, replace it with a new pump that you will find at the local NAPA store.



Serge was right. The pumps worked but there was not enough pressure to bring the fuel to the engine. I installed a new one and immediately noticed the difference. I had a good flow at the engine level. Once I was finished, I decided to have a look inside the old pump. I noticed that I could unscrew the bottom and removed it. To my great surprise (due to my ignorance) I found a filter that I did not even know existed and it was totally clogged.



Interesting fact, the pump was located before the Racor filter up until our departure 2 years ago which mean that it sucked unfiltered fuel and accumulated dirt for many years. The technician who relocated after the Racor did not replace the pump filter (I still have the invoice and it doesn’t show) and never mentioned about it during our long conversations. I believe the he, also, did not know of its existence and it makes me fell better.



I now realize through this experience that, while in Mayaguana, I could have better tested the pump, remove the filter and continue on without problem. I also resolved to regularly take a fuel sample from the bottom of the tank to ensure it is clean.



We left George Town and went to the Marina at Emerald Bay. The engine ran for two hours without problems. I am convinced that the problem has been resolved but it will take many more engine hours before I recover full confidence.


MAYAGUANA à GEORGE TOWN, EXUMAS, 26 et 27 mars, 2008
(English texte follows french)


Après avoir contourné la pointe est de Mayaguana, nous avons mis le cap sur les West Plana Cays et les îles Acklins. Le moteur a fonctionné normalement jusqu'à 3 hres du matin et je pensais réellement que j’avais réglé le problème. À 3 hres il s’est arrêté soudainement. Contrairement à la fois précédente, il n’y a pas eu d’avertissement, pas de baisse de révolution. Ma première réaction a été d’enlever le panneau donnant accès au moteur, de faire une inspection visuelle rapide et de vérifier le niveau d’huile. Je n’ai rien observé d’anormal et le niveau d’huile n’avait pas baissé.


Après avoir essayé de repartir le moteur quelques fois sans succès, j’ai appelé André pour lui apprendre la bonne nouvelle. Nous avons discuté un peu de mes options. Il n’y avait pas de vent et je ne pouvais pas me déplacer à la voile. Le rapport météo indiquait qu’il y aurait des vents légers le lendemain durant la journée. J’aurais pu patienter et me rendre, à la voile aux îles Acklins où j’aurais pu jeter l’ancre, faire d’autres vérifications et si incapable de solutionner le problème, profiter du retour du vent 2 jours plus tard pour me rendre à George Town à la voile. J’ai suggèré à André de continuer seul car je ne me sentais pas en danger. Juste un peu isolé…
Pas question, me répondit André. Je fais demi tour, je vais sortir un long câblot et je vais te remorquer. Ça na pas de bon sens, je lui répondis. Ton bateau est déjà surchargé et le mien pèse 22,000 lbs. Ton moteur n’est pas assez fort pour bouger les deux bateaux. Ça prendra le temps que ça prendra qu’il me répondit. Je ne te laisse pas ici tout seul. Vraiment un bon gars…


EAUDREE 96 (nom du bateau) a donc fait demi tour et à l’approche, Josée a pris la barre, s’est approchée de très près de Lady M et André m’a lancé son câblot que j’ai réussi à attraper sans trop de difficulté malgré la noirceur. Une fois bien attaché, notre vitesse a augmenté très lentement jusqu'à 3 nœuds. Pas très rapide mais au moins nous bougions. J’ai essayé de repartir le moteur plusieurs fois sans succès mais environ une heure plus tard j’ai réussi. André s’en est rendu compte immédiatement car sa vitesse a augmenté de un nœud. Au début je ne pouvais faire augmenter la révolution au dessus de 1,500 tours mais environ une demi-heure plus tard le moteur s’est mis à fonctionner normalement.


Nous avons attendu une autre demi heure pour être sur que ce n’était pas temporaire puis j’ai suggère à André de me laisser aller seul en lui disant qu’au pire, si je perdais a nouveau mon moteur, nous pourrions toujours nous rattacher. En attendant, notre vitesse augmenterait considérablement. Ce scénario s’est reproduit plusieurs fois pendant la nuit du 26 et le jour suivant. Le moteur fonctionnait normalement pour une couple d’heures puis s’arrêtait et nous recommencions.


Pendant la nuit du 27 il a même fonctionné pendant au moins 6 à 7 heures sans arrêt. Cette fois-ci il y avait du vent et nous avons décidé de continuer à la voile plutôt que de nous rattacher. Nous avons mis le cap sur Rum Cay pour avoir un meilleur angle dans le vent. Ce n’était pas idéal mais nous avancions quand même plus rapidement que lorsque remorqué. Quand le moteur a finalement reparti, nous avons repris notre cap sur l’extrémité est de Long Island. Mon GPS indiquait que nous arriverions maintenant à George Town au début de l’après-midi plutôt qu’à 7 hres du matin.


Ce n’était pas une bonne nouvelle car la météo prédisait des vents très forts dans l’après- midi et nous l’aurions directement dans le nez avec, évidemment, les grosses vagues qui l’accompagnent toujours. EAUDREE ne pourrait jamais me remorquer dans ces conditions. La journée va être longue, que je me suis dit. J’avais raison...


Au début de l’avant-midi nous avons observé de très gros nuages sombres à l’horizon. Je ne suis pas nerveux et les nuages ne m’impressionnent généralement pas mais quand j’ai vu une tornade d’eau (water spout) droit devant moi, je n’ai pas vraiment aimé ça. André, qui était 2.5 miles derrière moi, m’a appelé pour me dire qu’il voyait la cellule et les précipitations sur son radar, que l’image était très, très dense et que je serais bientôt dedans. Nous longions maintenant Long Island et nous contournerions la pointe est dans quelques miles. J’ai décidé de rentrer mes voiles car le vent est généralement violent au passage d’une cellule et peut même coucher le bateau sur le côté.


Environ une demi-heure plus tard je suis entré dans le système comme dans un mur. C’était un déluge avec des vents de 30 à 40 nœuds et il faisait soudainement noir comme en pleine nuit. J’avais peur que le moteur lâche et je me disais que s’il lâchait je ferais un 180 degrés, déroulerais ma voile avant (Yankee) et courrais avec le vent tout en m’assurant que je m’éloignerais du bord de l’île. Ça a duré environ une demi-heure, ce qui m’a semblé une demi-journée puis le système est passé, le soleil est réapparu et le moteur s’est arrêté quelques 20 minutes plus tard. Chanceux, chanceux, chanceux.


J’ai essayé de me rendre en remontant le vent au près. Ce n’est pas l’allure où un Bayfield performe le mieux. Les vagues étaient énormes et courtes (4-5 sec) et j’avançais de peine et de misère. Je couvrais 7 miles en louvoyant et je ne progressais que de 4. Il me restait 25 milles à faire. C’est donc dire que j’avais à parcourir 50 miles en louvoyant et que ça m’aurait pris 8 à 10 heures pour me rendre. C’est un travail ardu pour une seule personne et je n’avais presque pas dormi durant les 3 derniers jours.


Josée m’appelé et me dit : Ça n’a pas de bon sens, tu vas te faire mourir à cette allure là. On discute des options et on décide de nous approcher du bord du côté est de la baie car les vagues y sont sûrement réduites de beaucoup et qu’ils pourront probablement me remorquer en utilisant les grandes voiles des deux bateaux avec le moteur de EAUDREE tout en longeant le bord jusqu'à George Town. C’est ce qu’on a fait et ça a bien fonctionné. Nous n’allions pas très vite mais le progrès était constant et dans la bonne direction. De plus, c’était une allure très reposante pour moi et j’en avais grandement de besoin.


Le GPS me disait que nous serions à l’entrée qui mène à George Town vers 20 hres et que nous aurions à naviguer aux instruments sur une distance de 6 miles tout en évitant les hauts fonds et les têtes de coraux avec Lady M remorquée par EAUDREE. Ça a pris du temps mais ça très bien été. Arrivés près de l’ancrage du Monument, nous avons décidé de jeter l’ancre de l’autre côté du chenal car il n’était pas question d’approcher les bateaux au mouillage dans cette noirceur. André m’a dit de jeter l’ancre et qu’il se positionnerai quand j’aurais fini. Une demi-heure plus tard je dormais comme un mort.


Dans le prochain blog, je vous raconterai les travaux que j’ai effectués afin d’investiguer le problème du moteur. Il y aura même une photo de la pièce présumée coupable.


ENGLISH
MAYAGUANA to GEORGE TOWN EXUMAS, February 26 & 27, 2008


Once past the East Mayaguana point, we headed for the West Plana Cays and the Acklins Iislands. The engine ran normally until 3 am and I thought that I had fixed the problem when it suddenly stalled. There was no reduction of revolution or any warning like before. My first reaction was to remove the engine panel, do a visual inspection and check the oil level. I noticed nothing unusual and the oil level was correct.

After many unsuccessful attempts to restart the motor, I called André to tell him the good news. We rapidly discussed my options. There was no wind, so I couldn’t sail. The weather forecast was for light winds later during the day. I could have waited patiently for the light winds and sail to the Acklins where I could have anchored to further investigate the cause of the problem and, if unable to perform the necessary repairs, wait a couple of days for the winds to return and sail to George Town. I suggested to André to continue alone as I had no concerns for my safety. Just a bit isolated…

Not an option, answered André. I will turn around, get out my long towing line and tow you. It doesn’t make sense I answered. Your boat is already overloaded and my boat weights 22,000 pounds. Your motor is not strong enough to pull the two boats. I don’t care he said. We will take the time it takes. I won’t leave you alone here. A real good guy…

EAUDREE 96 (name of the boat) turned around and as they approached, Josée took the wheel, maneuvered very close to Lady M and André threw me the line which I had no difficulty to catch in spite of the darkness. Once the line well secured, we started to move and our speed increased slowly to 3 knots. Not very fast, but we were moving. I tried many times to start the motor without success and it finally caught up about an hour later. Andre noticed immediately as his speed suddenly increased by one knot. At first, the rpm wouldn’t exceed 1,500 but about half an hour later the motor began to run normally.

We waited another half hour to make sure it wasn’t just a temporary improvement and I then told André that I should let the line go, rationalizing that, at the worst, we could tie it up again, should the engine quit again. In the mean time, our moving speed had increased considerably. We repeated that scenario many times during the night of the 26th and during the following day. The engine would run normally for a couple of hours, then stall and we would go through the process again.

It even ran for 6 to 7 hours non-stop during the night of the 27th. When it stalled, we had some wind and decided to continue on sailing rather than being towed. We changed our direction to get a better angle with the wind and headed for Rum Cay. It wasn’t ideal but we were moving faster than we would have by towing. When the engine finally started we headed back toward Long Island’s West end. My GPS now showed that we would arrived in George Town early afternoon rather than 7 am as planned.

It wasn’t good because there were very strong winds with the big waves that come with it forecast for the afternoon and our last 28 nm leg would put right on the nose. EAUDREE would not be able to tow me in those conditions. I figured it would be a long day. I was right…

In the early morning we observed big dark clouds on the horizon. I am not the nervous type and big clouds do not normally impress me and I didn’t like the water spout right in front of me. André who was following 2.5 nm behind called to let me know that he had looked at the cell on his radar, that it was very dense with precipitations and it was very close to my position. We were now relatively close to Long Island shore and just few miles from the western tip. I decided to bring the sails in because those cells carry violent winds which can easily knock a boat down.

About half an hour later I was hit by a flood accompanied with 30 to 40 kt winds. It was as if I had gone through a wall and daylight gave place to total darkness. I was concerned that the engine could quit anytime and if so, I resolved to turn around 180 degrees, unfurl the foresail (yankee) and run with the wind while making sure I would distance myself from the shore. It lasted for about half an hour which felt more like half a day. The sun reappeared and 20 minutes later, the engine quit. Lucky, lucky, lucky.

I tried to progress by taking close reach into big short (4-5) waves. Close reach is not the Bayfield best point of sail and I was struggling. I would go about 7 nm on a tack and, when back to my track, I had moved just about 4 nm. I still had 25 nm to go which mean I had to tack 50 nm and it would take me between 8 to 10 hours to get to destination. It is also very hard work for a single handler and I hadn’t slept much during the past 3 days.

Josée called me and said: it doesn’t make sense, you will quickly get exhausted at this pace. We discussed our options and decided to sail very close to the East end of the bay where we expected the waves to be much smaller and hoped that perhaps the wind direction would allow them to tow me helped by the sails on both boats all the way to George Town. That’s what we did and it worked well. While our progress was slow, it was constant and in the good direction. Eventually the engine restarted and I could have motor sailed on my own but we were doing so well that we decided to stay tied together. It was easy and I needed the rest.

A quick GPS check confirmed that we would now be at the entrance of Elizabeth bay around 20 pm. We would have to navigate the bay in the dark using our chart plotter to stay away from the shoals and coral heads while I would be towed by EAUDREE in case the engine quit. It took a long time but it went well. Once we got to the Monument anchorage, we decided to drop the anchor on the other side of the seaway because we didn’t want to get close to the other boats in the dark. André suggested a location and said: drop your anchor right here and I’ll do the same once you are done. Half an hour later I was dead asleep.

In the next blog update, I will talk about all the work I did to diagnose the cause of the problem and fix it. I will also show you a picture of the presumed defective part.